Vous cherchez à multiplier vos bambous pour agrandir votre haie ou créer de nouveaux massifs ? Vous vous demandez comment faire pousser ces plantes étonnantes sans vous ruiner en achats répétés ?
Eh bien, vous êtes au bon endroit !
Contrairement à ce qu’on peut penser, bouturer les bambous demande de connaître quelques secrets bien gardés. Toutes les espèces ne se multiplient pas de la même façon, et les techniques classiques de bouturage dans l’eau ne marchent pas pour la plupart d’entre elles.
Vous êtes prêt à découvrir les vraies méthodes qui fonctionnent ? Alors, c’est parti !
Pourquoi la bouture classique ne marche pas avec tous les bambous
Avant de vous lancer tête baissée dans la multiplication de vos bambous, il faut comprendre une chose essentielle : tous les bambous ne se bouturent pas de la même manière.
La plupart des bambous que vous trouvez dans nos jardins français ne se multiplient pas par bouturage de tiges dans l’eau, contrairement aux plantes d’appartement classiques. Leur système de reproduction repose sur leurs rhizomes souterrains, ces tiges horizontales qui courent sous terre.
Les bambous traçants comme les Phyllostachys (bambou doré, bambou noir) développent des rhizomes qui s’étendent sur plusieurs mètres. Ces rhizomes produisent de nouveaux chaumes à distance de la plante mère. Pour les multiplier, vous devrez prélever des portions de ces rhizomes.
Les bambous cespiteux comme les Fargesia forment plutôt des touffes compactes. Leurs rhizomes courts se développent en cercle autour de la plante mère. La multiplication se fait par division de la touffe principale.
Seuls quelques bambous tropicaux peuvent effectivement être multipliés par bouturage de cannes, mais ce sont des espèces rarement cultivées dans nos régions.
Choisir la méthode selon votre type de bambou
Pour réussir votre multiplication, vous devez d’abord identifier précisément quel type de bambou vous possédez.
Les bambous traçants (rhizomes leptomorphes)
Ces bambous développent des rhizomes fins qui courent sous terre sur de grandes distances. Ils comprennent la plupart des espèces cultivées en France :
- Phyllostachys (bambou doré, bambou noir, bambou géant)
- Pleioblastus
- Pseudosasa
- Sasa
Pour ces espèces, la méthode consiste à prélever des fragments de rhizomes d’environ 30 cm avec au moins 3 yeux ou bourgeons visibles.
Les bambous cespiteux (rhizomes pachymorphes)
Ces bambous forment des touffes denses qui s’étoffent lentement. Les principales espèces sont :
- Fargesia (bambou parapluie)
- Thamnocalamus
- Chusquea
La multiplication se fait par division de la motte en plusieurs portions, chacune comportant 4 à 5 chaumes avec leurs racines.
Les bambous tropicaux à cannes
Quelques espèces tropicales comme certains Bambusa peuvent être multipliées par bouturage de cannes, mais cette technique reste marginale sous nos climats.
Le bon moment pour multiplier vos bambous
Le timing joue un rôle crucial dans la réussite de votre multiplication. La fin d’hiver et le début de printemps (février-mars) constituent la période idéale pour plusieurs raisons.
À cette époque, les bambous sont en dormance. Leurs réserves sont concentrées dans les rhizomes, ce qui favorise la reprise après la division. Les nouvelles pousses (turions) ne sont pas encore apparues, ce qui évite de perturber cette phase délicate de croissance.
Vous pouvez aussi réaliser cette opération en automne (septembre-octobre), mais évitez absolument la période de pousse des turions (avril-juin selon les espèces). Durant cette phase, toute l’énergie de la plante se concentre sur la production de nouvelles cannes.
Travaillez sur des bambous âgés d’au moins 2 à 4 ans. Les jeunes plants n’ont pas encore développé suffisamment de rhizomes pour supporter un prélèvement.
Choisissez une journée sans gel et si possible légèrement humide. Évitez les périodes de sécheresse intense qui compliqueraient la reprise.
Matériel nécessaire et préparation du substrat
Pour réussir vos multiplications, rassemblez le matériel suivant :
- Bêche bien affûtée ou sécateur de force
- Serfouette pour dégager les rhizomes
- Pots de 2-3 litres ou emplacement préparé au jardin
- Mélange drainant : terreau + sable grossier (50/50)
- Arrosoir avec pomme fine
- Paillis (écorces, feuilles mortes)
Préparez un substrat bien drainant car les rhizomes redoutent l’excès d’humidité. Mélangez du terreau de qualité avec du sable grossier ou des billes d’argile. Ce mélange doit retenir l’humidité sans devenir détrempé.
Si vous plantez directement en pleine terre, ameublissez le sol sur 40 cm de profondeur et incorporez du compost bien décomposé.
Division des rhizomes traçants : la méthode détaillée
Commencez par repérer les rhizomes les plus vigoureux en dégageant délicatement la terre autour de votre bambou mère. Les rhizomes de 2-3 ans présentent la meilleure vitalité : ils ne sont ni trop jeunes ni lignifiés.
Localisez des portions de rhizomes d’environ 30 cm comportant au minimum 3 yeux ou bourgeons bien formés. Ces yeux se présentent comme de petits renflements latéraux le long du rhizome.
Sectionnez proprement avec votre bêche ou un sécateur désinfecté. Effectuez des coupes nettes pour éviter les déchirures qui favorisent les infections.
Laissez sécher les coupes pendant 24 heures à l’ombre pour former une cicatrice protectrice.
Plantez les rhizomes horizontalement à 8-10 cm de profondeur dans votre mélange drainant. L’orientation n’a pas d’importance, mais veillez à ce que les yeux soient dirigés vers le haut si possible.
Tassez légèrement et arrosez copieusement sans détremper. Maintenez le substrat humide mais non saturé pendant les 2-3 premiers mois.
Division des touffes cespiteuses
Pour les bambous comme les Fargesia, la technique diffère légèrement. Ces espèces forment des touffes denses qu’il faut diviser au niveau des racines.
Déterrez entièrement la motte en conservant le maximum de racines. Utilisez un jet d’eau pour éliminer la terre et mieux visualiser la structure racinaire.
Divisez la motte en plusieurs portions de 4-5 chaumes chacune, en veillant à conserver des racines sur chaque fragment. Utilisez un couteau bien aiguisé pour sectionner proprement.
Supprimez les cannes abîmées et raccourcissez les feuillages de moitié pour limiter l’évaporation pendant la reprise.
Plantez immédiatement chaque division dans un substrat préparé, à la même profondeur qu’avant. Arrosez généreusement et installez un paillis protecteur.
| Type de bambou | Méthode | Période optimale | Temps de reprise |
|---|---|---|---|
| Traçants (Phyllostachys) | Division de rhizomes | Février-mars | 2-3 mois |
| Cespiteux (Fargesia) | Division de touffes | Mars-avril | 3-4 mois |
| Tropicaux | Bouture de cannes | Printemps | 4-6 semaines |
Cas particulier du lucky bambou et autres ‘faux bambous’
Si vous cherchez à bouturer un lucky bambou (Dracaena sanderiana) ou un bégonia bambou, la technique classique du bouturage dans l’eau fonctionne parfaitement.
Prélevez des tronçons de 15-20 cm comportant au moins 2 nœuds. Placez-les dans un verre d’eau à température ambiante, en veillant à ce que seule la base soit immergée.
Changez l’eau tous les 3-4 jours pour éviter le pourrissement. Les premières racines apparaissent généralement au bout de 2-3 semaines.
Une fois les racines bien développées (4-5 cm), vous pouvez rempoter dans un substrat léger ou continuer la culture en hydroponie.
Ces plantes ne sont pas de vrais bambous mais des plantes tropicales qui leur ressemblent. Elles se bouturent facilement et constituent d’excellentes plantes d’intérieur.
Soins après plantation et maîtrise de la croissance
Les premières semaines suivant la multiplication demandent une surveillance attentive. Maintenez le substrat humide sans excès, en arrosant environ tous les 10 jours selon les conditions météo.
Installez un paillis épais (5-8 cm) autour des nouvelles plantations pour conserver l’humidité et protéger les jeunes rhizomes des variations de température.
Les premiers signes de reprise apparaissent généralement au bout de 6-8 semaines : nouvelles pousses, feuillage qui reverdit. Soyez patient, certaines divisions peuvent mettre jusqu’à 3-4 mois avant de montrer des signes de vitalité.
Pour les bambous traçants, anticipez dès la plantation l’installation d’une barrière anti-rhizomes. Ces films plastiques rigides de 60-70 cm de profondeur limitent l’expansion des rhizomes et préservent vos autres plantations.
FAQ : questions fréquentes sur le bouturage des bambous
Peut-on faire pousser du bambou dans l’eau ?
La plupart des vrais bambous ne peuvent pas pousser dans l’eau. Seul le lucky bambou (qui n’est pas un vrai bambou) se cultive facilement en hydroponie. Les bambous de jardin ont besoin d’un substrat drainant pour développer leurs rhizomes.
Combien de temps faut-il pour qu’une bouture de bambou reprenne ?
Pour les divisions de rhizomes, comptez 2-3 mois avant de voir les premiers signes de reprise. Les divisions de touffes mettent généralement 3-4 mois. La patience reste votre meilleure alliée !
Peut-on bouturer un bambou Fargesia ?
Les Fargesia ne se bouturent pas au sens classique. Ces bambous cespiteux se multiplient exclusivement par division de touffes. Prélevez des portions comportant 4-5 cannes avec leurs racines pour garantir la reprise.
Quand diviser les bambous traçants ?
La meilleure période s’étend de février à mars, quand les bambous sont en dormance. Évitez absolument la période de pousse des turions (avril-juin) qui affaiblirait considérablement la plante mère.
Besoin d'aide pour vos travaux ?
Obtenez des devis gratuits d'artisans qualifiés près de chez vous
Demander un Devis Gratuit